Bettua_Clelia-760x591 Clelia Bettua, «Sans titre», 2012, technique mixte sur papier, 49 x 65 cm

21.1.-18.3.2018, sa | di 14h-18h, fermé pendant les concerts

Clelia Bettua – Résonances

Née en 1963 à Rolle, Clelia Bettua, artiste plasticienne installée à Lausanne, est entre autres la créatrice d’Eole (1995), une girouette semi-circulaire de 20 mètres de diamètre installée sur la digue du port de Lausanne-Ouchy. Cette intervention monumentale qui indique la direction des quatre vents principaux à l’aide de quatre monolithes dressés sur le quai participe désormais de l’identité visuelle de la ville de Lausanne.

 

Orientée depuis quelques années vers une recherche plus intimiste, Clelia Bettua se concentre sur le dessin de cercles, à l’aide de différentes techniques et pigments sur papier. Régularité, discipline, introspection, recueillement, méditation, ascèse définissent sa démarche. L’artiste recherche l’épure, la décantation de la forme et la prégnance de la couleur. Ce geste créateur conduit à une libération, une élévation spirituelle. L’une des sources d’inspiration est à chercher du côté de Wolfgang Laib.

 

A Romainmôtier, outre plusieurs dessins intenses réalisés sur place et des cahiers dans lesquels on entre par une lente absorption visuelle incitant à la méditation, Clelia Bettua présente pour la première fois un ensemble de cinq sculptures monolithiques en bois de noyer réalisées entre 2015 et 2017 à partir de grandes planches verticales de 2m50 sciées dans la verticalité des troncs, puis brossées et dont les bords révèlent encore l’irrégularité brute de l’écorce.

 

A la fois stèles, personnages, totems, idoles, génies, ces sculptures nous «regardent» à l’aide de leur oculus–cœur–nombril d’une vingtaine de centimètres de diamètre, taillé et poli dans le bois. Ces cercles en creux, à leur tour, révèlent les lignes circulaires de croissance naturelle de l’arbre. Leur présence mystérieuse à Romainmôtier fait résonner le génie du lieu comme le fait également une intervention réalisée directement sur place, dans l’espace d’exposition, pour compléter la vibrante polyphonie visuelle d’«un simple bruissement dans le chant du monde», selon l’énoncé poétique d’Alain Galatis dans Le jour et la nuit (2016). [AdA]

 

 

 

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