IMG_1621 Clavecin anonyme (école allemande, c.1700)
clavier Clavecin anonyme (école allemande, c.1700), détail des claviers

18.11.2018, 16h

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Le Clavier bien tempéré 1/6

Patrick Missirlian, clavecin, clavicorde et orgue

Places limitées, réservations: contact@espacedam.ch
Collecte, prix indicatif: 30 frs

 

Programme

Prélude et fugue en do majeur BWV 846
Prélude et fugue en do majeur BWV 870
Prélude et fugue en do mineur BWV 847
Prélude et fugue en do mineur BWV 871
Prélude et fugue en do dièse majeur BWV 848
Prélude et fugue en do dièse majeur BWV 872
Prélude et fugue en do dièse mineur BWV 849
Prélude et fugue en do dièse mineur BWV 873

Patrick Missirlian
Clavecin Dominique Laperle (Marcellaz-Albanais, 1994), d’après Nicolas Dumont (Paris, 1707)
Clavecin anonyme (école allemande, c.1700)
Clavicorde Benedikt Claas (Northeim, 2005), d’après Christian Ernst Friderici (Gera, 1765)
Orgue Joseph Anton Moser (Fribourg, c.1767)
Orgue Jacob Engelbert Teschemacher (Elberfeld, c.1770)

 

Présentation

La présence récente d’un clavecin historique de l’école allemande dans la salle de musique (cf. ill.) a inspiré la programmation de la saison 2018-2019, tout entière centrée sur le Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach (1685-1750), dans une présentation originale où, de surcroît, tous les instruments à clavier de la salle de musique vont prendre tour à tour la parole.

 

Le clavecin ancien en question est en noyer, à deux claviers et trois rangs de cordes. Il repose sur un piétement composé de six balustres avec ceinture et entretoise. L’instrument n’est ni signé ni daté et sa provenance est incertaine. Découvert en Suisse orientale au milieu du 20ème siècle, ce clavecin n’est probablement pas, à l’origine, l’œuvre d’un facteur suisse. Ses caractéristiques de facture en font plutôt un instrument allemand de type saxon, intégrant des éléments de facture d’autres traditions, notamment vénitiennes et alsaciennes. En raison de son piètement et de l’étendue de ses claviers à l’origine, on peut supposer qu’il a été construit approximativement vers 1700.

 

Les deux volumes du Clavier bien tempéré résonneront ainsi au son du clavecin ancien (école allemande, c.1700), du clavecin français d’après Nicolas Dumont (Paris, 1707), du clavicorde allemand d’après Christian Ernst Friderici (Gera, 1765), de l’orgue suisse Joseph Anton Moser (Fribourg, c.1767), de l’orgue allemand Jacob Engelbert Teschemacher (Elberfeld, c.1770) et, dès le printemps prochain, de l’orgue hollandais de l’école de Christian Müller (Amsterdam, c.1760). Seuls l’orgue ibérique et le clavecin italien ne seront pas joués, en raison de leur accord mésotonique.

 

Nous allons parcourir les quarante-huit préludes et fugues des deux volumes du Clavier bien tempéré comme s’il s’agissait d’un seul et même volume, en respectant la stricte séquence des tonalités – alternativement majeures et mineures – correspondant à l’ordre ascendant des touches du clavier. Chaque tonalité de la gamme bien tempérée sera ainsi représentée non pas par une seule paire de prélude et fugue, mais par deux paires, chacune tirée de son volume respectif.

 

Nous commencerons donc avec le prélude et fugue en do majeur du premier volume BWV 846, suivi du prélude et fugue en do majeur du second volume BWV 870, puis du prélude et fugue en do mineur du premier volume BWV 847, suivi du prélude et fugue en do mineur du second volume BWV 871, et ainsi de suite, sur les six concerts prévus espacés régulièrement de quatre semaines.

 

À chacun de ces six récitals, nous ne parcourrons qu’un seul demi-ton du clavier. Pour le premier concert, ce sera entre do et do dièse. Pour le second concert, ce sera entre ré et ré dièse/mi bémol. Pour le troisième concert, ce sera entre mi et fa. Pour le quatrième concert, ce sera entre fa dièse et sol. Pour le cinquième concert, ce sera entre la bémol/sol dièse et la. Pour le sixième et dernier concert, ce sera le demi-ton entre si bémol et si.

 

Mais si petit soit-il, ce demi-ton parcouru concentre en lui un univers musical si vaste, que chacun des six concerts sera l’occasion d’une expérience toujours nouvelle et complète du Clavier bien tempéré. Ainsi, cette œuvre majeure de la musique occidentale, si l’on s’accorde à dire qu’elle a défini durablement de nouvelles limites au système tonal, ne cesse en fait de mettre en péril la notion même de finitude. Le jeu sur six instruments à clavier, presque tous de l’époque, exaltera ce sentiment d’ouverture sur l’infini. [PM]