DavidAmaral_Spheres_dAM_002 David Amaral, «Sans titre», 2018, émulsion cyanotype partiellement développée par l’humidité d’une nuit à l’extérieur, toile de lin, 100 x 70 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_005 David Amaral, «Sans titre», 2018, cyanotype et peinture à l’huile sur papier collé sur aluminium, 65 x 50 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_004 David, Amaral, «Sans titre», 2018, série de sept cyanotypes et peinture à l’huile sur papier collé sur aluminium, 65 x 50 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_001 David Amaral, vue de l’exposition
DavidAmaral_Spheres_dAM_010 David Amaral, vue de l’exposition
DavidAmaral_Spheres_dAM_006 David Amaral, vue de l’exposition
DavidAmaral_Spheres_dAM_007 David Amaral, «Sans titre», 2019, installation sonore interactive à l’aide d’un thérémine
DavidAmaral_Spheres_dAM_008 David Amaral, «Sans titre», 2019, pigments purs du Maroc et colle de peau sur toile de jute, 100 x 100 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_009 David Amaral, «Sans titre», 2019, pigments purs du Maroc et colle de peau sur toile de jute (détail)
DavidAmaral_Spheres_dAM_011 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs et peinture à l’huile sur toile, 42 x 30 cm chacun
DavidAmaral_Spheres_dAM_012 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs et peinture à l’huile sur toile, 45 x 45 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_013 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs et peinture à l’huile sur toile (détail)
DavidAmaral_Spheres_dAM_014 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs du Maroc et colle de peau sur toile de jute, 80 x 65 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_015 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs du Maroc et colle de peau sur toile de jute, 80 x 65 cm
DavidAmaral_Spheres_dAM_016 David Amaral, «Sans titre», 2018, pigments purs du Maroc et colle de peau sur toile de jute (détail)

20.1.-24.3.2019, 14h-18h, fermé pendant les concerts

David Amaral – Sphères

Vernissage 20.1.2019, 14h-17h

Photographe de formation, effectuant régulièrement le travail de documentation visuelle des expositions à dAM, David Amaral (*1988) fait actuellement un master en arts visuels à la Haute école d’art et de design à Genève. Curieux de nature, nouveau venu dans d’autres domaines d’expression artistique comme la peinture, le dessin ou le son, il tente d’en explorer les espaces interstitiels et les angles morts.

 

Le titre de l’exposition renvoie à la notion pythagoricienne de l’harmonie des sphères dans l’Antiquité, où l’organisation de l’univers était expliquée selon des lois mathématiques et musicales fondamentales.

 

Au centre de son exposition, comme un système autour duquel vient s’organiser la présentation des travaux, l’artiste a conçu une installation sonore, à l’aide d’un thérémine (du nom de son inventeur Léon Theremin en 1920), un instrument électronique sensible aux interférences provoquées par les mouvements des visiteurs, traduits simultanément en émissions sonores. Le visiteur est donc d’abord impliqué à son corps défendant dans l’installation, participant ensuite à discrétion à la production sonore, comme un musicien de circonstance. L’installation tire parti des principes mystérieux de la physique de la matière et de l’énergie, comme à la recherche de l’harmonie cosmique à laquelle étaient sensibles les Anciens.

 

Les cyanotypes présentés aux murs (bleus et noirs profonds) manifestent quant à eux également cette dimension expérimentale qui joue avec l’aléatoire et qui s’inquiète de révéler les forces à l’œuvre dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit. Qu’elles soient réalisées sur toile ou sur papier à l’aide d’une émulsion photosensible, les images – des négatifs photographiques s’inscrivant dans l’abstraction lyrique – sont en définitive le résultat de processus photochimiques partiellement contrôlés. Les bleus nuits laissent passer des rayons de lumière dans les replis vertigineux de l’univers ou les interstices obscurs de la matière. L’inventeur du procédé au milieu du 19e siècle, le chimiste John Herschel, fut également astronome, formidable découvreur d’étoiles, d’amas stellaires et de nébuleuses.

 

Deux des toiles singulières de l’exposition procèdent d’un saupoudrage de pigments naturels purs et évoquent les forces à l’œuvre dans la matière. L’une est faite d’accords de bleu Majorelle et d’orange vif, l’autre de bleu indigo et d’ocre rouge. D’autres petites toiles grises portent une poussière blanche comme déposée au fil du temps ou comme des micro-organismes qui auraient pris possession des lieux.

 

On l’aura compris, sensible à la musique et à l’astrophysique, David Amaral s’intéresse à la recherche sur la nature et l’origine du cosmos. Aujourd’hui, la recherche scientifique tente une nouvelle fois d’expliquer l’univers à l’aide de métaphores musicales :  le cosmos branaire serait constitué d’univers parallèles délimités par des branes qu’on associe à des peaux de tambours mis sous tension vibratoire. Le big bang y est conçu comme la collision de deux univers parallèles qui font éclater une brane, libérant matière et énergie. [AdA]